Mes 5 (6!) erreurs d’entrepreneure débutante

Mes 5 (6!) erreurs d’entrepreneure débutante

 

On est le 30 septembre 2019, je débute la rédaction de cet article. ça m’est venu dans le train tout à l’heure, une furieuse envie de raconter ce que j’ai traversé cette année (j’ai beaucoup de furieuses envies d’écrire en ce moment!). Je m’imaginais débuter la rédaction de cet article, l’abonder au fur et à mesure. Mais une fois lancée, je ne me suis plus arrêtée. Puis j’ai pris 2 jours pour le peaufiner.

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J’y raconte mes déboires et difficultés. C’est le 1er volet de la série. Dans le prochain j’y parlerai de tout ce que j’ai appris!

Attention, c’est long! Mais vous pouvez scroller pour y trouver les sujets qui pourraient vous intéresser.

Est-ce que cela peut me desservir de montrer ainsi mes faiblesses et mes erreurs? Peut-être que oui, peut-être que non.

A vrai dire, je ne me pose pas cette question. Ce qui compte pour moi avant tout, c’est de partager, d’inspirer, de transmettre mon expérience de la façon la plus honnête possible. Je sais que c’est le seul moyen pour que mes partages puissent être utiles. Je vois trop souvent des généralités circuler sur les échecs et réussites dans le milieu de l’entreprenariat. Trop d’idées véhiculées sur les overnight success et ces promesses de gagner des milliers d’euros en quelques semaines.

Une chose est sûre, un projet d’entreprise demande du temps. Et si je ne devais retenir qu’une erreur que j’ai faite, c’est celle d’avoir cru que tout se mettrait en place du jour au lendemain !

 

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Où étais-je il y a un an?

Le 27 septembre très exactement, je passais devant la commission d’attribution pour un prêt d’honneur de 3 000 € (Pass Création de la Région Bretagne). Cet accord m’a permis de faire ensuite levier auprès de ma banque pour obtenir un prêt professionnel et l’accord pour l’achat de mon local.

A cette commission, je n’ai pas reçu une seule réserve quant à mon projet. Un dossier bien monté, une activité pertinente, un emplacement stratégique… Mes interlocuteurs me diront même que je les ai hypnotisés, tellement ils se sont laissés embarqués par mon histoire et mon enthousiasme (l’hypnose était alors au cœur de mon projet, ça tombait bien!).

Un an plus tard, je suis donc propriétaire de mon local. Et cela fait 7 mois que j’ai démarré mon activité.

Quand je vais dans cet endroit, je suis chaque fois fière. J’aime y être, j’aime le bâtiment, j’aime son emplacement. Pour autant, je reste convaincue que j’ai fait une erreur en démarrant ainsi sans avoir jamais expérimenté cette activité. Mon choix, je dois dire, était un peu perché. Comme d’autres choix que j’ai faits d’ailleurs et que je vous partage ici, mes erreurs de débutante.

 

#1 L’erreur de tout miser sur mon projet (et les écueils de la loi de l’attraction)

Avec le recul, je me demande encore pourquoi ai-je été aussi déterminée dans l’achat de ce local. J’avais à cœur de me donner les moyens de réussir. Je voulais me donner tous les moyens de réussir. Je me souviens encore de cette phrase qui m’avait été dite quand j’hésitais entre louer un local à la journée ou intégralement « Tu vas générer l’activité que tu décides. Si tu décides de bénéficier du chômage et de travailler un peu en plus, c’est ce qui va se produire. Si tu t’engages pleinement, tu auras les clients en conséquence ».

Alors j’y suis allée à fond. Je me suis dit que c’était comme ça que ça devait marcher. Si je concentre mon énergie et ma volonté dans ce que je veux, alors j’aurai les résultats en conséquence. C’est comme ça que je comprenais la loi d’attraction que je voyais circuler dans les milieux liés à la spiritualité.

J’ai découvert que ça ne fonctionne pas comme ça. En tout cas, tout investir ne suffit pas. Etre courageux et déterminé vers un objectif ne veut pas forcément dire s’exposer démesurément et se mettre en danger. Donc oui la loi d’attraction a fonctionné puisque j’ai obtenu ce que je voulais, ce local. Pour autant, ce n’est pas lui qui a fait affluer plein de monde dans mon cabinet! Parce que là, c’est autre chose qui se joue, mes compétences, mon expérience, la qualité du service, de l’affirmation aussi.

En misant tout sur mon activité, je me disais, c’est obligé que ça marche! C’est un peu comme si je cherchais des garanties à ma réussite. Or il m’était impossible d’en avoir tant que je ne l’avais pas testé. J’entends souvent cette phrase qui dit qu’il faut savoir prendre des risques, investir sur soi et sur son activité. C’est vrai. Mais investir est différent de tout miser et croire que ça va t’assurer le succès.

Est-il si sombre mon tableau? Non, il ne l’est pas. Je veux juste partager la réalité. Je ressens parfois un peu d’amertume concernant la stratégie que j’ai adoptée. J’ai créé un cadre rigide et très ambitieux, là où j’aurais eu besoin de souplesse. La pertinence du local s’est aussi posée pour moi car j’ai commencé à développer mes accompagnements à distance et j’aime aussi beaucoup ce format. Au final, en ce moment, je le loue à mi-temps et c’est déjà beaucoup plus confortable. Comme m’a dit un ami croisé récemment « Tu as agi et après tu t’adaptes et tu trouves des solutions! ».

 

#2 Passer de 0 à 100% de temps dédié

J’ai voulu m’engager dans ce projet pleinement, être 100 % dédiée à mon activité. Je n’ai pas envisagé une seule fois avoir un job en parallèle.

Il y a plusieurs raisons à cela, des raisons dont j’avais plus ou moins conscience. La première, c’est je pensais que c’était nécessaire si je voulais réussir. A nouveau, j’étais avec mes croyances liées aux retours que je pouvais espérer en lien avec l’énergie et l’engagement que je mettrai dans mon projet.

Mais il y a avait d’autres peurs sous-jacentes à l’idée de développer un projet en parallèle d’une activité salariée: peur du regard des autres, peur que cela ne fasse pas assez sérieux, peur de ne pas y aller vraiment. Mais si je dois être obligée d’y aller vraiment pour être sûre de m’investir dans mon projet, ça pose question, non? Aujourd’hui je sais que si un projet me tient à cœur, je peux y aller peu importe ma situation.

La sécurité d’un job en parallèle permet de commencer avec moins de pression, de se donner le temps de progresser, de tester, de faire des erreurs, d’ajuster et de petit à petit créer une activité qui me corresponde totalement.

 

#3 L’erreur de prévisionnel – trop d’ambition et de pression à court terme

Quand j’ai commencé à rédiger mon dossier économique, je me suis vite rendue compte que j’allais devoir être super ambitieuse pour réussir à vivre de mon activité. Il y avait le choix d’investissement dans le local et aussi l’ambition de pouvoir continuer à me former et être supervisée en permanence (et c’est un gros budget!).

En regardant les chiffres, je me suis dit « Ah mais c’est facile, il suffit que je fasse X rendez-vous par semaine, soit entre 2 et 3 jours complets, ce n’est pas si énorme! Et cela me laissera du temps pour continuer à me former, développer mon réseau et les partenariats, communiquer ». Mais ce dont je n’avais pas du tout conscience à l’époque c’est que les X rendez-vous en question, ça représente combien de clients, à la semaine, au mois? Combien de nouveaux clients chaque mois? Comment vont-ils venir à moi alors que je démarre de 0?

Donc oui mon prévisionnel était largement au-dessus de ce que j’ai fait dans la réalité. Mais je suis plutôt fière d’avoir assuré tous mes engagements financiers jusqu’à présent et de n’avoir plus investi d’argent perso dans mon activité cette année.

Comme j’avais le poids du local, le régime de la micro-entreprise n’était a priori pas adapté. J’ai donc opté pour une entreprise individuelle au réel. La spécificité est que je dois tenir une comptabilité. Ce qui ne m’apparaît pas comme un inconvénient en soi. J’aime aussi l’idée que les investissements que je fais, notamment en formation/supervision puissent être déduits. Alors qu’en micro-entreprise, il y a un abattement forfaitaire de 34 % du CA (oui j’aime la précision et l’analyse technique!). A noter que le format du réel peut être très lourd à cause des appels à cotisation de l’URSSAF. En cette première année, alors même que je suis exonérée de la plupart des charges sociales, j’ai dû verser 850 € d’acompte prévisionnel. C’est assez frustrant de devoir verser ces sommes alors même qu’il est probable que je ne fasse quasi pas de bénéfice cette année!

A côté de cela, j’avais le droit à un an de chômage. Sauf que comme mes charges avec le local étaient élevées, je devais faire un chiffre d’affaires important dès le départ. J’ai donc opté pour l’ARCE, l’apport en capital qui correspond à 45 % des droits versés en 2 fois par Pôle Emploi (plutôt que maintenir le chômage avec un montant ajusté en fonction de ce que je gagne mensuellement). Au départ, je m’en suis un peu mordue les doigts. Vu que je démarrais avec quelques mois de retard, j’avais déjà perdu. Mais j’ai récemment refait le calcul et a priori cette option était plutôt valable malgré tout.

En tout cas, le problème n’est pas là. La question se pose surtout du poids des charges du local par rapport à l’activité que je génère.

Démarrer une activité ça prend du temps. Aujourd’hui, les gens qui m’inspirent le plus ont au minimum 5 ans de vie d’entrepreneur, je suis encore un bébé à côté d’eux!

 

#4 Investir dans une communication alors que mon identité professionnelle n’existe pas encore

Là aussi j’ai reproduit une erreur similaire aux précédentes. J’en ai déjà parlé dans un article précédent. Comme j’avais un projet super ambitieux, il me fallait une communication super ambitieuse. Je ne connaissais pas grand chose au marketing et à la communication mais je voulais donner une belle image de moi et de mon activité, faire sérieux, inspirer et donner confiance. Je savais aussi que je n’avais aucune envie d’imprimer des flyers et de mettre mes cartes de visite à la Biocoop.

Ma réflexion a donc été : communication = être visible sur internet = avoir un super beau site internet = avoir une belle identité visuelle

J’ai donc fait appel à une amie qui a créé son agence de communication pour me créer mon identité visuelle et mon site internet. Je crois qu’au-delà de mon désir d’avoir un outil de communication performant, je désirais aussi maîtriser mon image. Je voulais m’assurer que tout soit parfait parce qu’au fond j’avais très peur du regard qui serait porté sur moi et mon activité (j’ai fait du chemin depuis!!).

Donc là aussi j’ai investi. J’ai eu mes jolies plumes en aquarelle et mon joli logo, mon joli site internet aussi.

Avec le recul, ça ne se justifiait pas non plus. Un logo n’est pas nécessaire pour exister sur le net, un site internet parfait non plus. Et c’est impossible de créer une véritable identité à partir de quelque chose qui n’existe pas encore. Mon identité visuelle et mon site est née de ce que je projetais de faire à l’époque, la réalité est bien différente!

J’ai aussi découvert que ça ne suffit pas, loin de là!

En parallèle, j’ai eu quelques articles dans les journaux locaux, je suis allée me présenter dans tous les BNI du coin, j’ai rencontré des professionnels, j’ai commencé à rédiger des articles sur Facebook. Avec tout ça oui, j’ai eu des retours! Je ne sais pas dire en % ce que mon site internet m’a ramené en comparaison avec toutes les autres actions menées, à peine 10 % peut-être?

Si c’était à refaire, je dirais: Cela ne sert à rien d’investir de l’argent dans un logo et une identité visuelle au début. Il est possible de créer un univers à soi bien spécifique sans tout cela.

Pour ce qui est du site internet, pareil. ça vaut vraiment le coup de s’y plonger. Il existe énormément de ressources pour se faire accompagner et progresser par soi-même. Je l’ai fait cet été en créant la rubrique blog sur mon site.

Au moment de créer tous ces outils, je pensais que j’étais dans l’urgence de démarrer, qu’il me les fallait au plus vite pour me faire connaître. C’est faux. Je ne pouvais pas tout avoir tout de suite. Les outils se construisent et s’améliorent dans le temps.

 

#5 Tout miser sur les techniques

J’ai misé sur des techniques qui me semblaient alors efficaces et reconnues en déblocage de l’inconscient. J’ai beaucoup entendu parler d’hypnose à ce moment-là. Ce n’est pas une méthode qui me donnait envie a priori mais je ne connaissais alors pas d’autres techniques. Et j’observais que l’hypnose semblait de plus en plus reconnue. J’y suis donc allée sans trop me poser de questions. Pareil pour la méthode MIA. Je me disais qu’il existait peu de méthodes pour travailler sur les héritages parentaux, c’était donc une bonne opportunité.

Mon choix a été raisonné.

Pour me donner de l’assurance, j’ai choisi des méthodes pour leur apparente efficacité. Là aussi c’est une erreur de débutante, d’une personne qui manque encore d’expertise et de connaissance fine des leviers de transformation. Les techniques sont accessoires et le pouvoir de transformation que j’apporte à mes clients ne vient pas de là.

La technique est un moyen, pas une fin en soi.

Pour ce qui est de l’hypnose, la forme ne me convient pas totalement. Je rencontre aussi régulièrement une forme de déresponsabilisation des personnes qui viennent me voir. Parce que c’est ce que véhicule l’hypnose, l’idée de laisser le pouvoir à quelqu’un d’autre pour réparer sa mécanique inconsciente. Mais là aussi, je me suis adaptée et je suis très contente de la façon dont évoluent mes accompagnements. (cf mon article de la semaine dernière sur l’évolution de ma pratique).

Assez vite, j’ai aussi reconnu mon attrait pour le coaching, l’envie d’accompagner des personnes dans le concret, dans leurs projets. Je me suis fait coacher, j’ai été supervisée. Et petit à petit, je l’ai intégré à mon accompagnement.

 

#6 Avoir une vision figée de mon projet et de mon développement

J’ai commencé mon projet dans un état d’esprit totalement figé sur ce que j’allais faire. J’imaginais que tout devait être clair dès le départ dans mon activité et que j’allais fonctionner ainsi pendant plusieurs années ensuite. Les conséquences de ça, c’est que dès qu’un élément bougeait dans mon projet, cela créait une sensation d’échec.

Mais aujourd’hui je me rends compte que le plus important est ma capacité et celle de mon projet à évoluer dans le temps. Quelle est ma flexibilité, autant intérieure que matérielle, pour évoluer vers une activité qui me corresponde pleinement et dans laquelle je serai bonne.

J’apprends à trouver l’équilibre entre la persévérance dans ce que j’ai entrepris et l’adaptation au nouveau, à la reconnaissance de mes désirs présents. L’écriture de ma vision m’aide aussi beaucoup pour cela.

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Conclusion

Par cet article, j’avais envie de partager la réalité du parcours de création d’entreprise et du démarrage d’activité. J’ai l’impression d’avoir fait beaucoup d’erreurs.

Je sais que beaucoup de personnes qui démarrent galèrent à leurs début. D’ailleurs plus de la moitié des entreprises ferment dans les 5 premières années d’activité, c’est énorme! Alors si je peux apporter quelques billes à des personnes qui veulent se lancer dans l’aventure, j’en serais ravie ! D’ailleurs n’hésitez à me poser toutes les questions que vous voulez sur le sujet.

Si je résume toutes ces erreurs, elles venaient pour moi :

* D’une vision générale figée qui fait faire des choix engageants et peu adaptables pour certains
* D’un manque de sécurité intérieure qui m’a fait croire qu’être courageuse, ça voulait dire se mettre en danger. Confondre le fait de « prendre des risques » avec « tout miser sur mon activité »
* D’une surestimation de ce qui est possible d’accomplir sur le court-terme
* D’un manque d’écoute de mon intuition. A plusieurs moments clés de mon projet, j’ai eu des infos précises grâce à mon ressenti. Mais je ne me suis pas écoutée. J’ai aussi trop facilement suivi l’avis d’autres personnes. Je n’ai pas écouté mes peurs, j’ai suivi ma raison (dans le choix des techniques notamment) et je me suis raconté beaucoup d’histoires

Mais je poursuis, je me repositionne, je réajuste ma direction, je trouve des solutions pour gérer les urgences du court terme. Et ça, paraît-il, c’est la réalité d’une entreprise!

***Quel lien avec la photo? Rien d’évident en apparence. J’aime bien les photos un peu décalées du sujet. Et en même temps, j’y vois deux personnes qui semblent pressées, sûrement mal à l’aise pour marcher vite avec leurs talons. ça m’a fait écho avec cette histoire.

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