LA MÉCANIQUE DU DÉSIR

LA MÉCANIQUE DU DÉSIR

 

Cet article, j’ai commencé à l’écrire il y a presque une semaine. Voici comment il commençait :

« Il est 6h du matin j’ai quasi pas dormi de la nuit. Je suis à Nantes et je brûle d’écrire.
Pas d’ordi, j’ai tenté d’écrire à la main, trop lent. Alors me voilà à taper sur mon téléphone.

Ma vie est un joyeux bordel.

Qu’est-ce qui a foutu ce bordel?

Mon désir. Mon choix puis mes choix de suivre les désirs qui étaient là. »

 

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La mécanique désir-plaisir, c’est ce qui te nourrit, te donne de l’énergie, c’est la base de notre vie ici.

Le désir c’est comme une petite flamme à l’intérieur de soi. Elle est alimentée par les décisions, puis les actions qui vont y répondre.

La résolution du désir, c’est le plaisir. Si tu réponds à un désir, tu accèdes au plaisir. Le désir est nourri, de nouveaux désirs apparaissent, tu décides d’y répondre, et le feu intérieur s’alimente et te donne de l’énergie.

ça donne une vie de jouissance, de kiff, d’éclate, d’accomplissement.

C’est aussi simple que ça ?
Oui, c’est aussi simple que ça!

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Alors pourquoi il y a autant de gens déprimés, malheureux, perdus?

 

Parce qu’aussi simple et brut soit le désir, il y a un max d’énergie investi pour résister à ce qui est là. Ce sont toutes les couches qui se sont installées au cours de notre histoire pour nous protéger et assurer notre survie. Et ce système de protection est extrêmement puissant.

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Un enfant à la base, il est dans son désir.
Exemple. « Je veux une glace ».
Là la réaction des parents peut être de répondre à ce désir, accès au plaisir, la mécanique est alimentée. La réponse peut aussi être « non » pour pleins de raisons, ça va générer de la frustration, de la colère peut-être. C’est la confrontation du désir avec la matière. C’est aussi la réalité.

Si l’enfant se met à pleurer parce que dans l’instant il n’y a pas plus grand que ce désir de glace et que son parent lui répond par exemple « mais arrête de pleurer, c’est ridicule de pleurer pour une glace, tu es grand, arrête tes caprices, soit gentil, si tu continues à pleurer Maman/Papa ne va pas être content, etc. »

Ces paroles vont remettre en question son désir simple et brut, l’enfant va associer l’expression de son désir avec du rejet, il va croire que ses désirs sont inutiles/futiles, qu’il vaut mieux pas exprimer ses envies pour s’assurer que Papa/Maman soit content. Et à partir là déjà, sur une simple interaction de la vie courante, des couches de protection vont s’installer et le couper de l’accès direct et simple à ses désirs.

Vous imaginez le cumul des interactions de ce genre sur toute une vie et vous arrivez à l’âge adulte avec des gens qui ne savent pas ce qu’ils veulent, qui sont frustrés, sans énergie, etc.

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Le désir à la base, il est simple, brut, direct.

 

Il parle de ce qui est là, à l’intérieur de toi.
Il n’est ni raisonnable, ni cohérent, ni logique.

Le désir se fout de ta vie d’aujourd’hui, de ce que tu crois qui est possible ou non, de ce que tu crois qui se fait/ne se fait pas.

Oui le désir peut mettre un beau bordel dans ta vie.

Le désir c’est le message de ce que tu veux vraiment. Il te parle de ce qui est là maintenant, pas d’hier, ni de demain. Il parle de ce qui te fait vibrer, te nourrit, te donne de l’énergie.

Récemment j’ai un post d’une personne qui demandait pourquoi c’est compliqué de suivre un désir si c’est ça qui nous fait envie ?

Si c’est si simple, pourquoi c’est compliqué?

Parce que des fois (souvent ?) le désir ne va pas forcément (pas du tout même!) là où ta raison te dit d’aller.

 

Exemple : tu es une femme de 40 ans, célibataire, tu pensais que ton désir c’était de rencontrer un compagnon, de t’installer et d’avoir des enfants. Et là si tu écoutes bien, tu te rends compte que ton désir il n’est pas du tout là, il dit qu’il veut de l’aventure et des voyages.
Tu fais quoi ?
Ben oui en plus à 40 ans tu sais que tu ne dois pas trop traîner si tu veux avoir un jour des enfants.

Et bien voilà un désir qui fout le bordel dans ta vie.

Et le désir d’enfant? Vrai désir / faux désir ? Comment savoir si tu le veux vraiment ou si c’est pas une idée de ce que tu voudrais que ta vie soit? Etre comme tout le monde, rendre tes parents heureux, s’assurer d’une vie accomplie ?

Alors comment est-ce qu’on reconnaît un vrai désir?
Le vrai désir te donne de l’énergie, te nourrit, il est là « pour rien  » il se suffit à lui-même. Le désir n’a pas besoin de se justifier.
Et quand tu es dans le vrai, tu ne te poses pas la question de savoir si tu es dans le vrai. Tu y es, c’est tout.

Comme dirait Mister Gétin « Quand tu as un orgasme, est-ce que tu te poses la question de savoir si c’est un orgasme? Ben là c’est pareil »

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Le désir t’oblige à faire face à ta réalité, à ta responsabilité, à faire des choix pour toi et pas pour ce qu’on attendrait de toi ou de ce que tu penses qui serait bien pour toi.

Le désir t’oblige à t’affirmer, à te positionner, à exprimer ta singularité.

 

Ton désir te met face à ta vulnérabilité, parce qu’avec tu prends le risque de t’exposer, d’échouer, d’être rejeté.

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Pour se protéger, nous sommes donc multientraînés à nous couper de nos désirs, à nous raconter des histoires pour éviter d’aller regarder là où ça fait mal et où c’est confrontant.

J’aime bien l’image du barrage. Le flux du désir, c’est comme le flot d’une rivière, d’un fleuve, d’un torrent. Il y a un max d’énergie qui circule avec, c’est sauvage, brut, non maîtrisé.
Se couper de ses désirs, c’est comme mettre un barrage. Une tonne d’énergie est alors investie pour retenir ce flux.

Tous nos problèmes viennent de là. Au lieu d’avoir accès à ce puits d’énergie, nous investissons l’énergie disponible à nous en couper.

Et si tu fais péter le barrage, et bien oui c’est flippant.

Parce que tu ne maîtrises pas ce qui va émerger avec.
Parce que si pendant longtemps l’eau a stagné, elle est sûrement un peu, voire très dégueulasse, les déchets se sont accumulés, ce qui émerge avec cette énergie brute n’est pas très beau à voir.

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Dans l’expérience que j’ai vécue récemment en reconnaissant mon désir de me former à la Méta puis en choisissant de le suivre, c’est comme une mécanique intérieure qui s’est (re)mise en route.
De ce désir ont émergé d’autres désirs, comme des bulles de champagne qui remontent à la surface.

C’était frais, pétillant, stimulant.

Mais ce n’était pas non plus toujours confortable parce que ça m’a obligé à prendre des risques, à m’exposer, à accepter d’être touchée, ne pas savoir, ne pas maîtriser ce qui vient derrière.

J’ai juste arrêté de faire des choix qui me semblaient cohérents pour faire des choix à partir de ce que je veux là à l’instant, sans aucune idée de là où ça me mènerait.

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Qu’est ce qui fait la différence entre les personnes qui suivent leur désir et les autres?
La décision.

 

Tu peux passer ta vie à savoir ce que tu veux, à le dire, à l’étudier, le questionner.
Tant que tu ne décides pas et que tu n’agis pas, il ne se passera rien.

C’est aussi simple qu’une envie de Bo Bun.

***
Cette semaine mes collègues de formation sont arrivées un jour avec des Bo Bun à midi. Ça m’a trop fait envie, j’adore ça. Moi aussi je veux manger un Bo Bun!
Etape 1. Je reconnais mon désir

(oui ça paraît simple comme ça mais combien de personnes déjà là regardent sans reconnaître que ça leur fait vraiment envie? En se disant que c’est pas pour eux, qu’ils n’ont pas besoin de ça?)

J’ai décidé que je mangerai un Bo Bun. Pas ce midi parce que j’avais déjà mangé, mais peut-être ce soir, demain, ou un autre jour de la semaine.
Etape 2. Je décide

(pareil c’est super simple mais combien de gens passent leur vie à voir passer devant leur nez ce qui leur fait envie sans jamais y aller, en attendant que ça vienne à eux tout seul?)

Là je leur ai demandé où elles avaient acheté leur Bo Bun. J’ai projeté l’idée d’aller au même endroit le lendemain midi.

J’aurais pu en rester là. M’imaginer, projeter. Mais sans l’action derrière, il ne se serait rien passé.
Etape 3. J’agis.

Et heureux hasard, j’avais prévu de retrouver une amie le soir et elle m’envoie un message pour me demander si ça me dit d’aller manger un Bo Bun. Mais ouiiiii c’est parfait!

***
Et bien voilà dans la vie c’est exactement ça quand tu reconnais un désir et que tu décides d’y aller : il y a toutes les actions que tu vas entreprendre pour l’accomplir et toutes les coïncidences heureuses qui vont te faciliter l’accès à ton désir.

Comme si en appuyant sur le bouton intérieur « valider » de ton désir, un aimant puissant se mettait en action pour te permettre de l’accomplir.

Oui mais là Sophie, c’est facile ton histoire de Bo Bun. Oui c’était facile! Mais c’est un bon entraînement pour alimenter sa mécanique intérieure. Et quand le désir est plus grand, plus inaccessible en apparence, et bien il suffit juste de découper le chemin en pleins d’étapes qui ressembleront à celle d’aller s’acheter un Bo Bun.

Peut-être oui, probablement même, que ça ne sera pas si facile. Mais ce n’est pas l’action en elle-même qui sera plus difficile, ce seront les résistances qui apparaîtront pour y aller. Si par exemple l’objet de ton désir est une fille/un mec qui te plait, l’action peut être extrêmement simple : lui dire qu’il/elle te plait. (oui y a pas plus simple!)

Sauf que peut-être, probablement, selon ton vécu, il va y avoir un max de peurs et de résistances qui vont s’exprimer et tout faire pour t’éviter de t’exposer ainsi. Et alors oui ça paraîtra plus compliqué que d’aller s’acheter un Bo Bun.
Là ce qui va faire la différence, c’est ta décision d’y aller et d’agir malgré les peurs et les résistances.

Et plus tu vas t’entraîner à le faire et plus ça sera facile.

Plus tu vas écouter ton désir et plus il sera facile à reconnaître.

 

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