TRANSITION PROFESSIONNELLE – EPISODE 1

TRANSITION PROFESSIONNELLE – EPISODE 1

 

Pour progresser dans mon travail d’écriture, je me suis mise au défi de publier un article par jour pendant une semaine sur ma page Facebook pro début juillet 2019. Voici le 1er de la série.

***
Aujourd’hui je veux vous parler du sujet de la transition professionnelle. Pourquoi il me tient à coeur et pourquoi j’aime accompagner des personnes dans ces phases de vie souvent inconfortables.

Je n’avais pas du tout prévu de parler de mon parcours de cette façon, mais c’est ce qui est venu spontanément alors je suis le flow.

***
Ce sujet m’intéresse depuis des années.

J’avais à peine terminé mes études d’ingénieur agronome que je songeais déjà à changer de métier.

 

A l’époque, je voulais devenir ostéopathe. J’ai fini par me convaincre que je n’avais pas les moyens de me payer une école d’ostéopathie et d’être encore étudiante pendant tant d’années. Quelques mois plus tard, je me suis inscrite à une formation en shiatsu. Les cours avaient lieu le soir une fois par semaine avec des week-end de formation de temps en temps. En 4 ans, je pouvais obtenir le diplôme et me reconvertir un jour si j’en avais envie.

Je me souviens d’avoir été souvent tiraillée par cette question de la décision.

Quand est-ce que ce sera LE moment pour tout plaquer et suivre ma passion?

 

J’évoluais dans un environnement amical où beaucoup prenaient la décision de changer de vie et de métier, vivre d’une autre manière, en consommant moins, avec moins d’argent et du temps pour profiter de la vie, créer et s’investir dans des actions pour des causes environnementales et/ou sociales.

***
Dans mon premier job, je travaillais pour une société d’études de marché, bien loin de mes préoccupations écologiques d’alors. Je ressentais un malaise, un tiraillement. A la fois, je sentais que ce job m’offrait la possibilité d’évoluer sur le plan professionnel, gagner en compétences. J’aimais ce que ce je faisais, aller à rencontre de personnes, leur poser des questions pour comprendre leurs motivations à utiliser tel ou tel produit, produire de l’analyse et faire preuve d’esprit de synthèse. J’aimais me sentir progresser, avoir des responsabilités. J’aimais la pression du défi à relever comme celui de présenter un rapport d’études en anglais devant des clients à Bruxelles.

Au bout d’un an, j’ai pourtant fait le choix de démissionner pour trouver un job qui corresponde à mes valeurs et mon envie de sauver la planète. Je me suis dépêchée de démissionner. J’avais trop peur de me « griller » et que de futurs recruteurs me jugent incohérente dans mon parcours. Pourtant, dans le fond, j’aimais vraiment ce que je faisais et j’aimais sentir que j’avais un environnement de travail qui me permettait de monter en compétences progressivement et de prendre des responsabilités. Et j’aimais le confort de recevoir un salaire à la fin du mois, je découvrais ce que ça voulais dire de se faire plaisir.

***
Avec le recul, je me rends compte combien j’étais naïve!

 

Et combien la peur du jugement guidait alors mes choix.

 

Peur du jugement des amis parce que je travaillais pour une multinationale, peur du jugement des futurs employeurs. J’étais guidée par mes valeurs, la notion de carrière professionnelle me faisait fuir et je refusais toute idée d’engagement. J’avais trop peur de me sentir coincée, je voulais être libre. Je me convainquais que l’argent ne servait à rien et que ce n’était pas bien d’en gagner beaucoup. L’engagement pour la préservation de l’environnement était LE sens que je voulais donner à ma vie et ça signifiait que je devais accepter tous les sacrifices. J’étais guidée par le mythe de la Sainte. Cela me paraissait tellement évident et cohérent que je m’évitais ainsi de sonder mes envies profondes, d’écouter mes peurs et ce qu’elles avaient à me dire. Je faisais tout ce qu’il fallait pour m’éviter de vivre MA vie et pas celle que j’imaginais devoir vivre. Je cherchais à tout maîtriser.

Je me souviens avoir vécu beaucoup d’inconfort pendant plusieurs semaines, je sentais l’urgence de devoir prendre une décision rapidement tellement c’était intolérable pour moi de vivre cette tension intérieure et mon inconfort vis-à-vis de l’extérieur. A un moment, j’en ai eu marre et j’ai posé ma démission. J’ai fui l’inconfort de ma situation, j’ai fui l’intensité de ce que je ressentais et je me suis convaincue que je prenais la bonne décision en quittant ce job.

***
Avec le recul, je constate aussi qu’à aucun moment je n’ai fait appel à l’avis d’une personne extérieure. J’aurais pu aller rencontrer d’autres professionnels, des personnes qui exerçaient dans le secteur où j’avais envie d’aller, des professionnels du marketing « éthique », l’association des anciens élèves de mon école, etc. J’avais trop peur d’être influencée, que personne ne comprenne mes questionnements, que l’on cherche à m’influencer. J’étais là encore pleine de jugements sur l’ouverture des personnes que je pouvais rencontrer.

Une autre des caractéristiques de la situation que j’ai vécue à l’époque, c’est que je refusais la confusion dans laquelle j’étais, c’était pour moi un signe de faiblesse. Et je voulais surtout que personne ne sache que je me sentais perdue. Encore aujourd’hui, je vois comme c’est difficile pour moi d’admettre ma confusion et de demander de l’aide pour en sortir.

***
Quand on sort de l’école, que l’on a 23 ans et que l’on rentre dans la vie active, c’est normal de ressentir de la confusion sur la direction à prendre, d’avoir peur de faire des erreurs irrémédiables, de prendre la mauvaise direction et d’être ensuite coincée. Je dirais même que la confusion, elle peut se manifester à n’importe quel moment de la vie et que vouloir en sortir à tout prix, au plus vite, c’est synonyme de fuite. Je suis convaincue que derrière la confusion se trouve un cadeau. Ces derniers mois, en vivant de grandes phases de confusion, j’ai découvert que c’est un mécanisme de l’égo, une manière de me protéger de l’intensité, du risque de suivre mes vrais désirs. C’est comme si le brouillard se lève alors que tu touches du doigt l’endroit qui te fait vibrer. Pour ton égo, c’est dangereux de t’accomplir, de suivre tes vrais désirs, l’enjeu est de taille et c’est beaucoup plus facile de suivre ce que les autres attendent de toi, de suivre des fausses envies et de ne pas te montrer telle que tu es au monde, de révéler ta beauté et de prendre le risque de t’exposer.

***
Si je vous raconte cette histoire, c’est que j’observe que ce comportement face à l’inconfort dans sa vie professionnelle est très fréquent. Le mythe de la reconversion s’agite devant nos yeux, cette idée que tu es un héros si tu décides de vivre de ta passion. Beaucoup de personnes culpabilisent de ne pas oser sauter le pas, comme s’il s’agissait uniquement de courage. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises dans ma vie de quitter un job avec cette envie de vivre une nouvelle expérience, de changer d’activité. Et j’ai souvent rencontré des regards admiratifs, beaucoup d’attente aussi. Comme si le fait de me voir réussir était une manière de conforter ces personnes dans ce rêve que c’est possible et qu’il suffit d’y croire.

Je suis convaincue que créer son activité, ce n’est pas pour tout le monde, qu’il y a beaucoup de croyances sur le sujet. Et pourtant, j’ai conscience que beaucoup de personnes se sentent coincées dans leur vie professionnelle et ne voient pas de sortie possible. Elles se conforment, perdent leur énergie, leur motivation, se retrouvent en burn-out ou en dépression. Pour certains, cela ne pas aussi loin, mais l’inconfort et/ou la fatigue est là.

***
Aujourd’hui j’ai envie de dire :
C’est normal d’avoir peur de se mettre en danger, de tout quitter et de se retrouver sans rien, inactif et sans ressources. C’est d’autant plus vrai quand tu es engagé, avec une famille à nourrir, une maison à payer, etc.
Il n’existe pas de réponse dans l’absolu. Pour certains quitter son job, c’est salvateur et bénéfique, pour d’autres c’est une fuite. C’est la même chose quand il s’agit de créer son activité.
La confusion, ce n’est pas confortable et pourtant c’est le signe qu’un cadeau se trouve derrière, ton vrai désir, ce qui t’anime au plus profond.
– Prendre une décision radicale pour fuir la confusion, c’est passer à côté de ce cadeau. C’est risquer de reproduire à nouveau le même schéma.
– La recherche de cohérence, c’est le signe que tu suis ton égo, pas tes envies. Une envie, elle est brute, elle est là, pour rien, pour toi.

***
Va chercher de la ressource à l’extérieur, accepte de dire que tu ne sais pas où tu en es, prends ton temps, écoute tes envies et donne-toi la chance d’expérimenter et de donner de nouvelles ouvertures même si cela n’aboutit pas ou que tu décides ensuite de ne pas y aller. Tu n’as pas besoin de te mettre en danger pour cela. Et tu as le droit de changer d’avis!

***
Si tu te poses des questions sur ta vie professionnelle, que tu te sens coincé dans ton job avec l’impression de stagner et de ne pas avoir de perspective mais que tu sens l’envie de bouger, tu peux me contacter en MP ou réserver un entretien téléphonique pour échanger sur l’accompagnement que je propose: https://calendly.com/sophie_lej

No Comments

Post A Comment