La carte de visite, objet social démodé?

La carte de visite, objet social démodé?

Hier j’ai enfin récupéré mes cartes de visite que j’ai mis des mois à faire imprimer.

Qu’est-ce que vous faites de toutes les cartes de visite que l’on vous donne, que vous récupérez quelque part?

Où les rangez vous? Dans le porte-carte qui vous a été offert à la sortie de votre école d’ingénieur ? Dans un tiroir ? Agrafées dans un cahier?

Est-ce que vous avez des cartes de visite de professionnels que vous gardez précieusement pour les recommander à vos amis le jour où ils en auront besoin ?

Moi non.
Les cartes de visite, je les prends par convenance. Je les glisse dans mon sac à main, dans la petite poche arrière. Elles atterrissent ensuite sur le coin de mon bureau où elles s’accumulent gentiment.

Est-ce qu’elles me servent ? Oui et non.

 

Non, parce que quand je suis vraiment intéressée par le travail de quelqu’un, je suis attentive à bien noter son nom, je lui demande ou je demande à la personne qui me la recommande de l’écrire, d’écrire son mail ou son numéro. Vous me direz qu’il y a le risque de mal écrire, se tromper. Oui mais si vraiment vous voulez retrouver quelqu’un, vous vous en donnez les moyens. Aujourd’hui avec internet, c’est facile. Et ce geste d’écrire, de prendre le soin de demander à la personne ses coordonnées, c’est un lien qui se crée, c’est un geste qui engage. Donner sa carte de visite est devenu un geste tellement anodin à mes yeux qu’il n’engage à rien.

Oui parce que parfois la carte de visite me sert quand même pour retrouver plus facilement la personne sur internet, de me connecter ensuite à elle via Facebook notamment, l’appeler ou lui envoyer un mail. Mais si je ne fais pas ce geste juste après, en général cette carte ne me servira pas.

Oui aussi car la carte de visite véhicule quelque chose de la personne.

Je suis peu attentive aux mots écrits dessus mais l’objet me parle, je sens direct si j’ai une attirance ou une affinité.

 

Et puis la carte de visite, c’est un moyen de matérialiser son statut de professionnel, elle a une fonction symbolique.

Alors que le fichier était prêt depuis presque 8 mois, j’ai donc enfin fait le pas de faire imprimer mes cartes cette semaine. J’ai longtemps hésité sur le texte, le détail à mettre ou non. Comment me définir ? J’ai bien réussi à l’esquiver jusqu’à présent, j’ai à nouveau fait une pirouette ici. Sous mon nom il y a écrit « accompagnement&développement personnel », ça vous parle? Cela m’a beaucoup préoccupé de trouver le bon terme, j’étais mal à l’aise à l’idée de ne pas dire les bons mots, d’être jugée, questionnée pour cela.

Aujourd’hui j’accepte de manquer de précision dans cette dénomination. Je suis encore en construction. Je ne sais pas encore bien me définir même si je sais exactement ce que je veux/peux proposer aujourd’hui comme accompagnement et ce vers quoi je veux aller dans le futur.

J’ai récupéré mes cartes et je me suis dit « zut mes coordonnées sont beaucoup trop petites, elles risquent de ne pas être lisibles pour certains ! » Avant c’est encore quelque chose qui m’aurait ennuyé et là je me dis: quelqu’un qui veut me retrouver et me contacter, il trouvera toujours le moyen de le faire. Et pour le coup, avec cette carte, tu ne passes pas à côté de mon nom!

Peu importe leurs défauts ou leur manque de précision, j’aime mes cartes de visite. Pourquoi ? Parce que je les trouve belles. Et c’est ça qui compte à mes yeux. Donner un bel objet qui donne envie d’en savoir plus. Un objet magique. Il y a eu l’énergie investie dans la création visuelle, l’aquarelle… Elle a tout cela en elle.

C’est Aurélie Charrat, amie lyonnaise qui a créé son agence de com, qui a réalisé mon visuel et cette carte. Je lui avais dit que je voulais des plumes. Je trouvais leur symbole très puissant et en accord avec le travail de libération que je propose. J’aime l’image de légèreté qu’elles renvoient. Les plumes parlent aussi de l’air et de mon côté printemps. Un jour je vous parlerai plus en détail de ce sujet!

Aurélie a passé du temps à peindre ces aquarelles, à les travailler ensuite à l’ordi. Je les trouve très belles. Elle m’a aussi proposé ces lettres pour leur lien avec la mer. Finalement sur cette carte, on ne voit pas très bien que ce sont des plumes, mais j’ai voulu lui faire confiance. J’ai appris à lâcher.

Après avoir engagé cette démarche de création d’une identité visuelle pour mon activité, j’ai beaucoup lu sur l’entreprenariat. Beaucoup disent qu’il est important d’attendre pour créer ses outils de com, de faire évoluer son positionnement, mûrir son identité professionnelle, ses valeurs, ce que l’on apporte à ses clients.

J’ai eu l’impression d’avoir peut-être mis la charrue avant les bœufs, peut-être d’avoir eu besoin de me rassurer avec des beaux outils de communication. Mais je reste très heureuse de ce choix qui me rappelle en permanence l’ambition que je me suis donnée.

 

Et il y a 2 choses que j’ai apprises ces dernières semaines : quand tu créés ton entreprise, tu vas faire des erreurs, c’est obligé, ça fait partie du jeu, c’est comme ça que tu progresses. Et tu peux tout faire (comme moi!) pour éviter de te tromper, ça arrivera, et c’est ok. La 2ème chose que j’ai intégré récemment c’est que personne ne détient la vérité, ce qui est valable pour l’un ne sera pas pour l’autre. Ça demande de se faire confiance, de faire confiance à son ressenti même si ça n’empêche pas de se nourrir de la façon dont d’autres ont procédé (bien au contraire !)

Aujourd’hui je sais que ces outils ne feront pas de moi une bonne professionnelle et c’est ailleurs que cela se fait, dans la pratique. Dans mon engagement à progresser, à me donner les moyens de proposer un accompagnement de qualité.

Mais peut-être qu’elles disent ça aussi mes cartes de visite, qui sait!

Et vous, vous pensez quoi des cartes de visite ?

(Article publié sur Facebook le 22 mars 2019)

 

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